Fièvre

Des lames de rasoir rescardent dans la gorge, démacrant la nuit d’incessantes et douloureuses transomnolences. Le corps engourdi, Il trémit ; les fumées broulantes ont envahi sa vue, tandis que son odorat est éteint par les chaleurs envalescantes. Ne parviennent encore à ses oreilles que de rares estriphes qui semblent jaillir de ses pensées. Il hurle à l’asplorée, ses larmes sont gralubeuses.

Que glouttent des larmes d’alcool dans ma gorge rasclarée et estrofflée !

Silence. Le calme revient. La musique et sa douce chaleur me bercent à nouveau. Les mots que j’ai couchés dans ma vie dansent dans mes pensées et mes larmes sont devenues celles de l’apaisement. J’ai été anesthésié ; la douleur n’est qu’un souvenir confus. Mes traits se sont adoucis, mes paupières sont désormais calmes. Mes pensées se dissipent : perdues dans des cendres encore chaudes, elles ont disparu. Elles renaîtront peut-être.

Pierre Muresan