Lueurs de l'aube

La nuit gît à terre à mon réveil,
Avec vigueur, je m'efforce de la secouer
Mais plus aucune sinistre voix ne l'émerveille ;
Des traits de lumière l'ont poignardée.

Avec elle, dans la pénombre inquiétante,
La rue, accompagnée de ses douteux résidents, se morfond
Dans les bouteilles oubliées aux allures autrefois alléchantes
Et les pavés fangeux que la maladie confond.

Elle laisse place à cette apparente pureté :
Éclatante ! Scintillante ! Elle m'éblouit.
Tous croient à l'aurore rassurante de la sobriété,
Mais ce n'est que la lumière qui pénètre dans cette boîte de nuit.

Morgane Chêne