Le Cow-Boy et le Cheyenne

Un Cow-boy arriva sans gain mais bien fringué
Ici à Santa Fe. Il faisait des manières
Et roulait des épaules. A son jean’s en lanière
Semblait sangler une ceinture bien flinguée.

Il claquait sur le sable lentement sa paire
De Santiag en peau rouge tanée de bison
Clope au bec, des Lucky Strike, comme en prison
Sans doute cherchait-il un business prospère

Il s’arrêta, fixa la bourse d’un Sioux
L’air de dire en défi : « Toi, fais pas le malin »
Le riche Peau-Rouge devint blanc opalin
Il voulut fuir, sauver sa tête ! « Adios ! – See you ! »

Mais le Vacher, dans le dos de l’Amérindien
Pointa son Browning puis fit jouer la roulette
Et tira sans procès deux lignes de Bullet
Qui, bien heureusement, le ratèrent d’un rien

L’histoire de l’Indien, c’est celle du poète
On croit qu’ils cavalent pour préserver de l’or
Alors qu’ils savent très bien que les vrais trésors
Ne sont rien d’autre que leurs plumes dans la tête.

Matthieu Corpataux