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L'Épitre, le journal fribourgeois de la petite littérature très courte

Au Pif

Au Pif

Il fut un temps où ça chatouillait la matière grise. Plus tard, ça grattait l'occiput. Aujourd'hui ça griffe à la serre, bien crampée, dans l'ensemble de mon système d'exploitation. Le disque dur nu face à la tempête intérieure. Combats intestins sont le lot quotidien qui me fut dernièrement offert par les fêtes de fin d'année, pas par le père noël de coca-cola.

L'inspiration est cruelle maîtresse quand je ne maîtrise pas grand-chose et que j'écris à l'instinct. C'est justement cette acuité animale qui fit naître un œuf de frustration artistique hier au soir. Comme d'habitude, je ne faisais rien d'autrement productif lorsque je fus agressé par une odeur synthétique. Synthétisée par un laboratoire quelconque et conditionnée par une marque célèbre. Ce qui fait de ces horreurs, des aberrations hors de prix.

Je connais des relents bien macérés, issus de certaines aisselles – sans dieu ni maître – oubliées par la divinité de l'hygiène corporelle. C'était pire, ça l'est parfois. Quand je parle d'instant d'éternité, c'est l'antithèse de mes prétentions. En effet, une demoiselle à l'éducation olfactive douteuse passa à portée de regard, le mien, deux minuscules secondes. Mes sinus furent violés sans plus de ménagement à tel point qu'un incendie oculaire se déclara. Troisième degré de la brûlure et le torrent qui en découle. En langage profane cela se traduit : ça pique tellement les yeux que j'en pleure.

Il est bien triste, je le déplore, qu'un asocial comme moi doive se rendre compte de pareilles fautes de goût. Le fait est que j'ai droit à un semblant de discernement quand il s'agit de se parer d'une senteur. Celle-ci devrait être appliquée soigneusement sur les parties du corps mouvant par l’afflux sanguin et non par le truchement d'une volonté propre et d'une musculature essentielle à telle action. Sagesse de la dose homéopathique en plusieurs endroits, point trop non plus. Les poignets sont bien suffisants et le cou peut servir de support additionnel.

Soyons sérieux tant que discernement nous est alloué. Le respect se perd et l'on s'étonne que certaines sensibilités aient besoin de s'emplir les narines de plusieurs produits. Oui, la toxicomanie n'a pas que des défauts.

Au pif,

Raf

  



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