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L'Épitre, le journal fribourgeois de la petite littérature très courte

Athènes-Érétrie

Athènes-Érétrie

La ville en contrebas est une marre de poussière blanche qui s’agrippe aux collines jaunies.
La poussière est parsemée de points lumineux et aveuglants.
Des cylindres chromés.
Des chauffe-eaux.
Acropole sous la fumée des moteurs.
Aéroport.
Athènes.
Le vent.
Le métro. Bondé, le métro.
Chaleur.
Dehors, campagne, herbes sèches.
Structures bétonnées à l’abandon.
Délire des barres de fer.
Délire des pylônes et des câbles.
Délire défilant derrière une vitre mouchetée de boue sèche.
Les montagnes ondulent sous la chaleur.
Et la ville. La foule. Et les mots au sens opaque.
Noms d’arrêts aux syllabes mouvantes.
Métros tagués, terrasses aléatoires, et partout ces chauffe-eaux.
Victoria.
Rue marchande, brouhaha, coulée de boue sur trottoir sale, arbres qui cachent le ciel.
Les grecs gueulent.
Des vieux posés aux terrassent des cafés.
Calvitie, moustache, gros bide.
Les femmes, maigres, foulard sur la tête.
Les immeubles.
Carré croulant sous les détails et les antennes paraboliques.
Toujours les chauffe-eaux.
Climatiseurs.
Bruissement des moteurs.
Stores et balcons.
Linge sale suspendu.
Rues étroites inondées de panneaux publicitaires.
De vélomoteurs.
Et l’autobus. Chaud. Bruyant.
Cinq euros jusqu’à Oropos.
Le paysage défile.
Jusqu’à la mer par les montagnes sèches.
Trajet interminable sous le smog qui voile l’étendue du regard.
Bretelles d’autoroute distendues.
Des bâtiments abandonnés.
La rouille perce le paysage.
Le soleil se voile de fer.
Un vieux grec gueule le nom des arrêts.
Oropos.
Les terrasses des cafés sont vides.
Et l’odeur du sel.
Et le ferry.
Et le ciel immense qui dévoile des couleurs disparates derrières les montagnes noires.
Orange, bleu, vert.
Le ferry avance lentement.
À l’intérieur des grecs y boivent.
Le port.
Érétrie et ses lampadaires.
La nuit.
Bâtiments imbibés de la lumière verte du néon de la pharmacie.
Les cafés froids.
Le goût de l’anis, le goût du cigare.
De plus en plus tard.
Suivre la lumière pour arriver à l’oasis.
Dans l’oasis, les moustiques et la chaleur.

La chaleur.
Et le bruit du ventilateur.

Maxime Sacchetto

  



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