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L'Épitre, le journal fribourgeois de la petite littérature très courte

Où s’en est allée l’humanité ?

Où s’en est allée l’humanité ?

Noirceur du vent
Tourbillon de pas
pressés
précipités
Visages durcis
baissés
A quoi bon regarder
la rue
le ciel
gris
béton.

Regards effacés
Se détourner
Ne pas écouter
la réalité :
Cri strident
dans l’ombre
au coin
un espoir
éphémère
− une pièce ?

Vie de carton
e f f r i t é e
ici un être seul
démuni
fragile
regarde les oiseaux
sans un battement d’ailes
qui cognent contre la vitre
qui cognent contre la vitre

Orphelin
à l’avenir infertile
il vagabonde
avec ses souvenirs
d é c h i r é s
main tendue
à la recherche
d’une imperceptible chaleur

Récolte d’indifférence
invisible
inaudible
est l’existence de cet être,
pourriture du système
exclu
tisse son linceul de bitume

Ivre de froid
Ivre de solitude
Cette bile noire
qui le ronge de l’intérieur
ne laissant qu’un cadavre
vivant

Néant de l’homme
immobile
autours de lui s’emmêlent
les foulées serrées
d é s h u m a n i s é e s

Chaque lendemain
l a m b e a u x
La crasse incrustée
dessine les sillons de sa vie

L’air écorché
désabusé
larmes amères

Derniers souffles
sur l’asphalte

− Laisser mourir
est-ce
tuer ?

Salomé Coquoz

  



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