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L'Épitre, le journal fribourgeois de la petite littérature très courte

Nous sommes un drôle de peuple

Nous sommes un drôle de peuple

Nous sommes un drôle de peuple dépeuplé
Qui pleure encore certains soirs
Et sans vraiment le savoir
Le peuple qu’il a jadis été.
Nous mastiquons d’étranges nourritures
Mais nous avons oublié leur étrangeté
Sont-elles bonnes ? Nous ne le savons pas,
Car nous avons appris
A nous méfier de la faim.
La plupart des questions ont disparu
Comme la mémoire de notre curiosité
Nous chantons des chansons
Qui ne sont pas des mélodies d’enfance
Et même enfants, qu’avons-nous chanté ?
Il y a peu d’incertitude
Et peu de certitude dans nos vies
Il y a des fatigues lourdes, des rires arrimés à d’autres rires
Et des images qui nous guident.

Nous sommes un drôle de peuple
Dont les ancêtres se sont appliqués
A faire fuir de nombreux dangers.
C’était il y a longtemps, un travail d’ancêtres.
Nous nous demandons aujourd’hui
Quels dangers nous environnent,
Car sourdement nous savons
Qu’il est impossible d’exister
Sans courir de danger.

Un goût de misère
Au fond de nos coupes bien remplies
Mais encore une fois quelle misère ?

Sophie Meyer

  



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