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L'Épitre, le journal fribourgeois de la petite littérature très courte

Finir par vivre

Finir par vivre

J’ai lu ce matin les mots ai achevé la lecture de : dans le cahier d’une amie. Suivait une liste des classiques de la littérature. Quelle révoltante expression. Elle a achevé la lecture comme on achève un cheval malade qui hennit de douleurs. C’est peut-être pour ça que j’ai tant de mal à finir un roman. Un recueil de poésie ne s’épuise jamais, on y revient sans cesse, on le fait vivre, si tant est qu’il ait besoin de nous. Je préférerais une autre expression ; accoucher peut-être. Je viens d’accoucher des Jeunes filles en fleur par exemple. J’ai accouché des frères Karamazov me semble tellement plus correct. Il est impératif de faire comprendre que le livre ne meurt pas une fois qu’on le finit ; il revit au contraire. Et qu’enfin cesse l’aberration de lire des écrivains morts. Les classiques que nous lisons sont au contraire écrits par les humains les plus vivants.

J’y retourne, je dois encore mettre bas Le vieil homme et la mer et ce n’est pas une mince affaire.

Matthieu Corpataux

  



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