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L'Épitre, le journal fribourgeois de la petite littérature très courte

Convocation intime

Convocation intime

Ce cristal en moi lumineux,
Qui tient le milieu de mon être,
Translucide le nubileux
Silence long de mon diamètre.

Ce jaspe me gisant au cœur
Aspire ma superficie
Et transpire mes profondeurs
Par où se fait une éclaircie.

Par lui, j’insiste solitaire
Dans mes vertiges infinis
Où ses vestiges de lumière
Me contiennent tout défini.

Non point certes qu’ils me retiennent
Car ils ouvrent sur l’éternel
Et dans leurs rayons me détiennent
Qui plongent à l’originel.

Je vois soleil et mer en moi
Qui se mêlent et se démêlent
Au rythme d’avant autrefois,
Par quoi le Prince se révèle.

Du Monarque l’intime trace
Dedans mon esprit l’enlumine
Et l’explique si vastement
Que rien ici ne le termine.

Ainsi j'inspecte toute chose,
Je circonspecte la nature
Qui est toute avant moi déclose :
J'abolis les vaines clôtures.

Pour moi, ci-bas, plus d'horizon
Car un diamant au fond de moi,
Lucide ainsi que la Raison
Resplendit un luxe de Joie.

Bien outre ce monde très strict
Je suis l'univers convoqué ;
Seul parmi la terre, j'édicte
Celui qui m'y a colloqué.

J'ai dans mon oreille l'écho
Et puis dans mon œil le reflet
De ces abîmes musicaux
Où respire le Paraclet.

J'inhabite les harmonies
De ce Verbe très archaïque
Qui s'induisit en diachronie
Depuis sa cime hégémonique.

À son Poëme précédent
Je conforme mon hylémorphe,
Et de son influx transcendant
Je me voudrais tout isomorphe.

Car je sens la conspiration
Avec l'origine des temps
Et crève de fulgurations
Et de tant d'éblouissements.

Romain Debluë

  



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