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L'Épitre, le journal fribourgeois de la petite littérature très courte

Poussière

Poussière

Rappelez-vous ce grand tableau, chère compagne,
Oublié dans un sombre grenier.
Une blanche poussière qui maintenant accompagne
Cette peinture d'un brun marronnier.

L'arbre fécond des voluptés de l'artiste,
Vêtu d'une automnale parure,
Faisait choir son feuillage avec un art triste
Pareil à la pluie sur les murs.

Un millier de petites taches blanches, une myriade,
Comme accélérant les saisons,
Tantôt imitait les estivales Pléiades
Tantôt un hivernal blouson.

La toile ne faisait qu'un avec cette farine,
Lui rajoutant une dimension.
Attisant la convoitise de vos narines
Et de vos yeux pleins de passion.

Semblable à cette fresque, à cette œuvre vieillissante,
Vous ma divinité céleste,
Vous êtes composée de restes d'étoiles filantes,
Fine poussière dont elles se délestent.

Alors quand les pissenlits dans votre large bouche
N'auront plus que le goût amer
De leurs racines qui s'enfoncent près des vieilles souches,
Là où tout devient éphémère,

Vous repenserez aux étoiles maternelles,
Et, dans un éclat vivifiant,
Vous reproduirez ce beau cercle éternel
Des astres déchus renaissants.

Jonathan Maurer

  



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