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L'Épitre, le journal fribourgeois de la petite littérature très courte

Petite histoire écrite dans le train

Petite histoire écrite dans le train

Alors que je descends du train, je remarque un jeune homme assis sur l'un des bancs du quai. Il m'observe ; mon regard rencontre le sien. Je fais quelques pas, puis je me retourne : il est encore assis sur le banc. Il ne prend pas le train.
Je continue mon chemin, emprunte le passage sous-voie et m'arrête à un petit magasin sur le côté, où j'achète un petit pain — petit plaisir pour une petite âme. Reprenant ma route, je revois ce jeune homme, qui avait quitté son banc entre-temps. Il n'est pas habillé selon les convenances de la saison ni du lieu : il est vêtu d'une tenue de sport, le capuchon du chandail rabattu sur sa tête. Je pense, après tout : il va quelque part.
Je ne me trompais pas, il va où je vais, il me suit. Ce que j'avais craint se produit : après avoir accéléré, il arrive à ma hauteur et m'arrête pour me dépouiller. Je n'étais guère disposé à lui obéir, non par bravoure, mais au contraire par apathie. Je ne lui tends aucun des biens précieux qu'il réclame — aussi croit-il que je résiste et entreprend-il de me fouiller.
Des poches de mes pantalons, il ne tire rien. Il cherche alors dans celles de ma veste ; il découvre dans l'une d'elles mon téléphone, et, s'en saisissant, l'extirpe avec violence, ce qui fait tomber quelque autre chose qui se trouvait dans la poche : mes antidépresseurs. Il me demande ce que c’est.
Me rendant mon téléphone, il se sauve.

Crotone

  



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