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L'Épitre, le journal fribourgeois de la petite littérature très courte

Strophes pour le temps

Strophes pour le temps

Sur les berges du ciel, fin oiseau sautillant
je te vois la gorge bouffée
d’écarlate et l’œil nu,
et j’aimerais suspendre
à tes griffes une perle
de plomb.

Parfois tu t’écoules à grands flots,
cascade désarticulée
aux crachats teints de bleu.
Je bois à tes éclaboussures
le poison délicat
qui condamne mes chairs.

Comme pendant au cep de la nuit,
tu sembles un grappe de paupières closes
mûres comme les raisins d’hier ;
de ton sein noir j’extrais
le vin amer de mes soupirs.

La brise froide t’assaille,
tu portes, arbuste famélique,
à chaque gorge le collier
regrettable des feuilles mourantes.
Je te rêve des fruits éternels
vêtus de divines nuances
et gonflés de liqueur.

J’aime quand tu deviens
fil d’argent qui serpente parmi les fêtes
entrelaçant délices et musiques.


Et sur les courbes de fonte
d’une ancre à l’agonie,
farouche reflet des nuages,
tu galopes, tu passes
trop vite pour les yeux des enfants.

Toi, pas de danse, solitaire,
tu entraînes à ta suite
mes brumes et mes gloires,
mes yeux et mes silences,
mon rire et mes mots,
mon sommeil et mon feu ;

je te poursuis mais ne t’atteindrai pas,
pourtant je cours, cours, cours :
mieux vaut finir
essoufflé qu’endormi.

Vincent Annen

  



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