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L'Épitre, le journal fribourgeois de la petite littérature très courte

Vice

Vice

Mon appétit débridé m’a amené à baiser nymphettes, femmes sulfureuses, hommes efféminés, et mêmes transgenres ; oui, j’aime d’un goût carnassier le festin des orgies, les corps suintant de plaisir et de douleurs, ces bouches rouges qui embrassent, avalent et mordent, où le paradis est un océan de mains et d’orifices impatients de se mettre à ma disposition ; je veux y perdre mon âme à jamais, dans les limbes du sexe sans conscience, peu m’importe avec qui, pourquoi et comment ; je rêve de quitter mon corps, de me dissoudre dans le continuum des sensations charnelles, être constamment électrifié par la jouissance, être esclave de la luxure pour l’éternité, être dans l’enfer délicieux des dominatrices, des chaînes, du cuir étincelant, des jouets de tortures trêmaphiles et des crucifix, les veines écœurées de cocaïnes, de haschish, de viagra, de mescaline ou parfois dans la lucidité du jeûne, la peau rendu pourpre par un désir chauffé à blanc, et avec, pourquoi pas, une caméra voyeuriste : ma gourmandise excessive fascine ; alors j’initie à mon tours ces nymphes et ces éphèbes dociles, leur interdisant un onanisme solitaire et donc inutile ; je deviens l’étoile aimée par ses astres, le prophète messianique de l’apocalypse sexuelle : je vis et je me suiciderai pour ce vice ultime, celui d’une utopie pornographique.

D. S.

  



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