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L'Épitre, le journal fribourgeois de la petite littérature très courte

Capharnaüm amoenus

Capharnaüm amoenus

A chaque pas, il en apparaissait des milliers.

Dégringolant, glissant, rebondissant partout, ces petites notes envahissaient le chemin. Chaque marche du vieil escalier en rondin était martelée allègrement, envahie rebond après rebond, par de ces esprits sauvages et joyeux.

Ce rythme obligeait les brins d’herbe à danser malgré eux, valsant, tournoyant, agités par un vent irrésistible. Alors, le frottement des longues tiges verdoyantes bousculait hannetons, coccinelles, et fourmis. Cette armée d’insectes qui s’envolait en nuée autour des arbres apportait son lot de vrombissements, de mouvements dans les airs, de crissements d’ailes entêtants. Et papillonnant autour des boutons champêtres, les abeilles se retournaient d’un air souverain, puis regardaient calmement passer cette fabuleuse cohue bucolique.

Bientôt, ce fut au tour des oiseaux, des grenouilles, des musaraignes et autres petits rongeurs, piaillant d’impatience devant ce repas facile, ou protégeant leur abri, voletant, sautant sur les pierres bordant le chemin. Complétant le tableau, quelque chat en exploration essayait joyeusement d’attraper tout ce beau monde qui prenait la clef des champs.

Jusqu’aux branches des arbres, qui s’agitaient furieusement, se transmit pour finir cette euphorie hyperbolique, ces petites notes déferlantes, s’entremêlant pour donner naissance à une symphonie heureuse, vivante. Le capharnaüm de toute une petite faune dérangée par un humain aveugle, balourd, et sourd comme un pot.

Alizée Lombard

  



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