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L'Épitre, le journal fribourgeois de la petite littérature très courte

Pas elle mais je m’en fous

Pas elle mais je m’en fous

Quand j’déambule perdu dans mes pensées
Damnées, et qu’elle passe à ma portée
Aux aguets je brûle, preste
En reste, je vis
Comme à chaque fois, perds le peu d’esprit
Qu’il me reste
Hélas moi pour elle ne suis qu’une poutre
Ou rien d’autre, invisible, qu’un négligé pissenlit
Elle passe
Je prie
Sans broncher me dépasse.
Je me dis « trou de cul de faisan maudit que je suis »
M’outre, me maudis.
Puis réalise qu’en fait, je n’en ai rien à foutre
Elle est si jolie, que la regarder me suffit.

Quand j’la vois de loin, marcher d’son pas léger
Et qu’elle prend ma direction
J’espère sans compter, comme un admirable couillon
D’finir par la croiser
Hélas ce sont ses amies banc de poisson
Qu’elle rejoint
Moi pour elle, encore et toujours,
Aussi intrigant qu’une botte de foin
Dans un pré, non en mer
Sans quoi j’aurais éveillé, du moins je l’espère
Un soupçon de curiosité, un espoir vain.
J’ai réfléchi.
Tu sais quoi, à dire vrai, je m’en fous
Car de près comme de loin
Elle a des yeux si doux

Quand elle parle, moi je soupire
J’entends ses lèvres pâles, j’imagine ses dires
Sa dent blanche, tachée et pointue, se découvrir
Sa peau tannée, les dorures de sa chevelure

Hélas ce n’est à moi qu’elle s’adresse.

La peine de n’être pour elle un compagnon
Menace
Tente une immixtion
M’assaille, tenace
S’attaque à mes bastions

S’évanouit soudain
Quant son éclatant sourire en moi efface tout
Ne laisse rien

Seulement sa beauté, que je respire

Qui m’aspire

Que j’étreins

Felipe

  



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