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L'Épitre, le journal fribourgeois de la petite littérature très courte

Pour un encourgement de la noubeauté

Pour un encourgement de la noubeauté

Le mot-valise est une belle invention. Fusion par collision de deux mots, deux idées, qui se télescopent, s'entrechoquent sans choquer afin de créer une nouvelle idée plus riche, plus condensée.

Récupérés par le marketing (Swatch), la géopolitique (Benelux), la culture populaire (Brangelina, Papamobile) et par l'univers geek et informatique (Scifi, Pokemon, Informatique), les mots-valises sont vieux de 150 ans et permettent une liberté jouissive dans la création moétique ainsi qu’une compréhension accélérée si le mélange est bien mixé. Parmi les plus beaux mots-valises des littératures française et anglaise, il y a les Proêmes de Francis Ponge, le pianocktail de Boris Vian, ou le polyglotte prosticiutto de Samuel Beckett (mélangeant prosciutto et prostitute dans son Whoroscope). James Joyce, George Orwell ou Raymond Queneau étaient de grands adeptes de cette prathétique loin d’être morne-vivante.

Allons plus loin (militatillons !) et inventons le mot-fleur : un ajout qui adoucirait le mot initial. Nous serions moins effrayés à la vue d’un violisseur ou d’un terroliste et ne paniquerions pas lors d’une cruise carfiaque ; inventons, ce n’est pas de trop, son équivalent agressif, le mot-bombe : un volcran va se mettre à explostazer ? Tous aux abrik ! Inventons encore le mot-tectonique (attention, celui-ci n’est pas un mot-valise à propos de la maîtrise technique de la pratique sexuelle). Nous pourrions enfin voyager vers des villes comme Hambsterdam, Mexandrie, Jakartanbul ou New Yékin. Pour ma part, je partirais dès demain à Paricago ou à Stockhong.

La langue française n’a pas de fond alors pourquoi s’emmerder à bruncher lorsque l’on peut déjîner ? Pourquoi vouloir à tous prix d’un smartphone et non pas d’un intel ? Suivons nos amis Québécois et mettons dans nos corbeilles, plutôt que des spams, des pourriels. Loin de moi l’idée d’un cloisonnement, mais je suis triste de voir tant de grâchis alors que notre frangue est infinimmense.

Un dernier pour le plaisir et l’encourgement : Hervé le Tellier, oulipien, nous rappelle combien était puissant et génial le calarmarcelproust. Rien à ajouster votre bhonneur.

Matthineu Corplataux

  



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