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L'Épitre, le journal fribourgeois de la petite littérature très courte

Je défie les siècles par mon amour

Je défie les siècles par mon amour

Oh Arthur, pourquoi es-tu parti ?
Ô feu Arthur, comment arrives-tu à me manquer alors que nos yeux ne se sont pas posés sur la même époque ?
Si tu étais encore là, nous nous serions baladés sous les ponts main dans la main,
Nous aurions animé les territoires ecclésiastiques d’une voix criarde et enjouée,
Nous aurions pris des croissants et des chocolats chauds puis couché des noms de bourgeois sur l’ardoise,
Nous aurions contemplé, ensemble, les suicidaires qui jonchent la Seine comme les étoiles hantent le ciel,
Nous aurions lorgné les petites bulles dans les verres d’alcool fraîchement versé,
Nous nous serions étreints sous les morsures des froids hivers, de la boue, de la guerre et de l’inaction,
Nous aurions dormi ensemble, mêlant à l’orchestre de nos ventres miséreux les cantiques de nos nez malades,
Nous aurions glorifié les déesses Muse et Liberté,
Nous aurions dansé sur les diplômes scolaires en mêlant nos rires à leurs déchirements. Capoiera.
J’aurais caressé tes cheveux en champ de blé miroitant et plongé dans le pur océan de tes yeux froids comme le monde,
J’aurais été le reflet de tes ambitions orientales et toi le miroir de ma conversion occidentale,
Ta plume mystérieuse est une baguette magique avec laquelle tu charmes et repousses jusqu’à ta propre personne.
Après tout, « C’est faux de dire : Je pense. On devrait dire : On me pense. Pardon du jeu de mots. JE est un autre. » écrivais-tu.
Le fils de Napoléon III avait raison : « Tu vates eris ».
Et je dis aujourd’hui, tu vates eras, ô Rimbaud, ô l’homme aux semelles de vent.

Nida-Errahmen Ajmi

  



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