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L'Épitre, le journal fribourgeois de la petite littérature très courte

Une seconde avant l'enfer

Une seconde avant l'enfer


« Vulnerant omnes ultima necat »
(Locution latine)


« Bataillon »

Une seconde
J’en ai vécu des bataillons des centaines de millions
Seconde de malheur et seconde de bonheur
Seconde de jouissance et seconde de douleur
Seconde primordiale et seconde inutile
Toutes plus ou moins brèves presque fuyantes mais celle-ci
Longue
Que diable interminable immortelle éternelle increvable
Mais surtout
Longue


« Présentez arme »

Une seconde
Le siècle est un vaste océan quasi infini
Les secondes ne sont que des gouttes elles-mêmes infinies
Mais ce sont des armes les armes du démon
Qui diluent le courage qui diluent la force qui diluent la volonté
Lissant toute chose à la mesure de leur égale longueur
Car la seconde est immuablement
Longue


« En joue »

Une seconde
Sur la joue elle joue un jeu non
Juste son joug
Le joug du Temps qui impose les chapitres
Qui s’enchaînent au rythme infernal de la Vie
Et lorsque l’ultime seconde écrit le dernier paragraphe
C’est la Mort comme elle
Longue


« Feu ! »

Une seconde
Voilà le temps qu’il reste entre la balle et mes yeux
Il est long il est presque perpétuel
Mes souvenirs remontent j’en éternue
Je pense à quelques personnes chères et à Dieu
Je l’implore pour mon âme mais avant tout
Pour qu’il fasse accélérer ce satané plomb
Pour qu’il inscrive enfin le point final dans le sang
Indélébile car l’ultime seconde est vraiment
Longue

Devant la balle

Vincent Bossel

  



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