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L'Épitre, le journal fribourgeois de la petite littérature très courte

Sur l'échafaud

Sur l'échafaud

La sentence résonne encor dans son esprit,
Que déjà la foule sur la place le fête,
Ce condamné à mort, au teint presque surpris,
Qui monte l’échafaud sans fierté contrefaite.


Mais à quoi pense-t-il ? À sa vie, à ses crimes,
Qui le déshonorent, ou peut-être l’honorent
D’un courage héroïque et méritant les cimes ?
Ou bien à ses parents emplis de désaccord ?

Puis un prêtre et bredouille et mime et s’ennuie
À devoir absoudre l’homme maintenant sourd
À ces balbutiements, à l’assourdissant bruit
Dû à la cathédrale aux cloches de velours.

Mais à quoi pense-t-il avec les yeux au ciel ?
À Dieu et ses anges ou à la Rédemption ?
Peut-être au Paradis offert aux Immortels ?
Point d’aide de ce dieu, il n’est qu’une illusion...

Il se doit maintenant de mettre les genoux
Là où est piétiné son orgueil comme un ver,
Où la face est perdue, où tristement se nouent
Les liens des humiliés, comme au plus bas : à terre !

Mais à quoi pense-t-il ? Au coin de l’échafaud,
Une jeune femme trempe les planches sèches
De ses chaudes larmes, rappelle peu s’en faut
À l’homme peut-être sa promise et ses mèches.

Le bourreau le revêt du capuchon funeste,
Celui qui asphyxie et aveugle avant l’heure,
Comme le désespoir, l’espoir qui tue du reste
Avant la hache usée de cet exécuteur.

Et sa tête tombe pour ce vain sacrifice,
Tranchée par le bourreau venu droit des abîmes,
Dont retenez le nom : Justice – ou Injustice ? –,
Qui lui clôt ses pensées; mais quelle en fut l’ultime ?

Vincent Bossel

  



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