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L'Épitre, le journal fribourgeois de la petite littérature très courte

Il y eut un soir ; y aura-t-il matin ?

Il y eut un soir ; y aura-t-il matin ?

Comme le vannier écafe l'osier avant de le tresser,
j'ai saisi les trois brins de mon chagrin et je les ai nattés
pour t'offrir cette corbeille - non, ce tout petit panier,
où j'ai déposé mon immense tendresse.

Comme le potier frase la glaise avant de l'ébaucher,
j'ai corroyé ma douleur et je l'ai façonnée
pour te donner cette cariatide - non, ce tout petit vase,
où j'ai semé les graines de mon amour.

Comme le statuaire dégrossit le rocher avant de le sculpter,
j'ai chanfreiné mon angoisse et je l'ai taillée
pour te présenter cette canéphore - non, ce tout petit caillou,
où j'ai serti le diamant pur de ma passion.

***

Comme le tisserand choisit la laine avant de la tramer,
j'ai trié les couleurs de ma volonté et je les ai tissées
pour te vêtir de ce châle - non, de cette longue robe,
où j'ai brodé toutes les teintes de l'amitié.

Comme le maçon gâche le mortier avant de cimenter,
j'ai apporté les moellons de mon courage et je les ai scellés
pour te construire ce mur - non, ce grand château magique,
où je viendrais un jour éveiller la belle invitée dormant.

Comme Dieu a créé l'homme avant d'oser faire Eve,
j'attendrai ton agrément et je dirai alors une Parole
pour te déclarer ce plaisir - non, cette joie profonde,
que depuis longtemps déjà je recueille auprès de toi.

Michel Bavaud

  



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