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L'Épitre, le journal fribourgeois de la petite littérature très courte

Pandore

Pandore

Alors que l'aurore se cachait encore dans ses draps de velours
Que la nuit pansait les suffocations charnelles de l'amour
Je m'adonnais à l'ivresse d'embrasser les pourtours
D'un goulot goulu
Avide assassin
De la raison pure
Qui gentiment me susurre
A l'oreille ses desseins
De me mettre à nu.
Alors que je succombais à l'appel érotique d'un dépouillement suprême
Mes doigts tremblaient au contact de sa peau tiède, fragile flacon du blasphème.
Mes lèvres l'accueillirent en tant que sauveur d'une vie bien trop fade, trop blême
Comme l'unique résolveur des obstacles qu'une existence sur le chemin parsème.
Un sourire hébété gagnait mon visage rougeâtre, reflet d'une gorge brûlante, torride
Que le liquide intrépide gagnait, elle qui autrefois aride se déride et se débride
Au rythme des gorgées et des levages de coude, d'une soif liquide, trop liquide
Qui commençait à grignoter mes mots, à les abîmer jusqu'à ce qu'ils se vident.
L'aube commençait à sortir l'aurore de son sommeil profond, à l'extraire de ses rêves
Il était peut-être temps, après ces ébats fluides, de faire une pause, une trêve
Avant que le fond de la bouteille n'assomme ma dignité et ne m'achève
Profiter juste encore une fois du lever de soleil avant que je ne crève
Avant de me faire ronger par le mal que je divinise, naïve complaisance.
Et pourtant je ne pus résister avant de la quitter à lui faire une révérence
Comme pour la remercier de cette escapade nocturne, de cette romance.
Je pris encore une goutte comme un dernier baiser par allégeance
Et soulageais les gargouillis de son ventre vide avec élégance.

Jérémy de Riedmatten

  



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