Accueil | Abonnement| Contacter L’Épître | Ecrire un texte| A propos de L'Épître | Crédits  
L'Épitre, le journal fribourgeois de la petite littérature très courte

Être double

Être double

La Terre et le Sang

De quelle terre et de quel sang
Viennent les afflux de l’enfance ?

Viennent d’ailleurs ? Je l’ai vécue
Je la revois, je la ressens
Elle me revient

Reviens-moi pure ou tourmentée
Ou pluie ou larme
T’en souviens-tu ?
Est-ce ton âme, est-ce perdu ?
Et revenu ?

L’enfance comme un afflux sanguin, première impulsion, première saignée
je croyais qu’elle n’était
qu’idée
Mais elle est chair, mais elle est sang
et moi y suis-je Prince charmant ?
Suis-je charmé
par la saignée ?

Étais-je moi, toujours, avant, le premier sang ?

J’y reviendrai au dernier sang
au dernier souffle

La nourriture d’avant le temps
je l’ai mangée

D’où vient mon sang, de quel instant, de quel couchant
quel océan ?
Je me reviens, moi au sourire, j’ai tant aimé, et tant saigné

De quel sang de quel afflux vers quelle contrée es-tu désormais appelé ?
j’ai tant aimé, qui que tu sois, d’où que tu viennes
reviens mon sang
reviens ma terre

entiers
près du cœur enserrés


La Terre et le Sang

En mon cœur les afflux d’une terre sanguine
Qui gonfle mes vaisseaux, les enfle, les fait vivre
Enflées d’autant d’Amour, autant que j’étais ivre
Mes veines regorgeaient de sève à la racine

Mais il manque un chapitre au début de ce livre
Ces pulpes éperdues cherchent leur origine
Je ne trouve la source, ni ce sang qui m’anime
Ni chaleur maternelle en mon cœur qui se givre

Avant que ma vie cesse – c’est le lot de chacun
Si deux êtres je suis, je redeviendrai un
Prenant l’eau à sa source, aux rochers leur trésor

Jaune d’or, bleu de l’eau, mêlés au rouge sang
Je forgerais les mots du nouveau continent
Pour partir en voyage et ne laisser qu’un corps

Pascal Chauvie

  



Publications de l'Épître

Partenaires de l'Épître

L'Épître, © 2012-2018 - Créé par Matthieu CORPATAUX - Site Web par Guillaume HESS - Tous droits réservés - Mentions légales